L'hiver s'était installé sur la ville.
Près d'un an s'était écoulé depuis la première rencontre de Maëlle et Gabriel à la librairie de Madame Louise.
Leur amour avait grandi sans précipitation.
Ils avaient appris à se connaître dans les jours ordinaires, à travers les joies simples, les désaccords, les silences et les confidences.
Un samedi matin, Gabriel demanda à Maëlle de le rejoindre au jardin botanique.
C'était là que leur histoire avait véritablement commencé.
Lorsqu'elle arriva, il l'attendait près du petit pont de bois.
Son visage était calme, mais ses mains trahissaient une légère nervosité.
— Tu voulais me voir ? demanda Maëlle.
Gabriel sourit.
— Oui.
Il sortit une petite boîte de la poche intérieure de sa veste.
Maëlle sentit son souffle se couper.
Gabriel s'agenouilla.
Autour d'eux, le parc semblait suspendu dans le temps.
— Maëlle...
Tu m'as appris que l'amour n'est pas seulement un sentiment. C'est une décision que l'on renouvelle chaque jour.
Tu m'as appris que la confiance se construit, que le respect est une preuve d'amour et que la patience peut être une force.
Je ne suis pas un homme parfait.
J'ai mes blessures.
Mes peurs.
Mes faiblesses.
Mais si tu acceptes de marcher avec moi, je promets de passer le reste de ma vie à prendre soin de ton cœur.
Veux-tu devenir ma femme ?
Les yeux de Maëlle se remplirent de larmes.
Elle avait rêvé de cet instant.
Pourtant...
Aucun mot ne sortit de sa bouche.
Gabriel ne se releva pas.
Il attendait.
Doucement, Maëlle s'agenouilla à son tour devant lui.
— Gabriel...
Il y a quelque chose que je ne t'ai jamais dit.
Son regard devint grave.
— Je t'écoute.
Elle prit une longue inspiration.
— Tu crois que je n'ai jamais eu peur parce que j'ai toujours défendu mes convictions.
Elle secoua lentement la tête.
— La vérité... c'est que j'ai peur depuis des années.
Gabriel fronça les sourcils.
— Peur de quoi ?
Une larme glissa sur la joue de Maëlle.
— Peur de ne pas être à la hauteur.
Elle baissa les yeux.
— J'ai tellement idéalisé le mariage... tellement attendu cet homme... que parfois je me demande si je saurai être une bonne épouse.
Sa voix tremblait.
— Et si je te décevais ?
Et si toutes mes attentes étaient trop grandes ?
Et si, après le mariage, tu découvrais que je suis simplement une femme ordinaire ?
Gabriel sentit son cœur se serrer.
Il comprenait enfin.
Derrière son assurance apparente se cachait une immense fragilité.
Il prit délicatement son visage entre ses mains.
— Maëlle...
Je ne suis pas tombé amoureux d'une femme parfaite.
Je suis tombé amoureux de toi.
De celle qui rit quand elle est gênée.
De celle qui s'arrête devant chaque librairie.
De celle qui croit encore qu'un mot peut réparer une blessure.
Je n'attends pas que tu sois parfaite.
J'espère seulement que tu continueras à être vraie.
Les larmes de Maëlle coulèrent librement.
Pour la première fois, elle se sentait aimée non pour l'image qu'elle renvoyait, mais pour la personne qu'elle était réellement.
Elle regarda Gabriel.
Puis la petite boîte qu'il tenait toujours.
Un sourire éclaira son visage.
— Oui.
Oui, Gabriel.
Je veux devenir ta femme.
Il ouvrit la boîte et glissa délicatement la bague à son doigt.
Ils restèrent quelques instants enlacés, sans prononcer un seul mot.
Le vent faisait danser les feuilles autour d'eux.
Au loin, Madame Louise, qui se promenait dans le jardin, aperçut la scène.
Elle sourit discrètement.
— Enfin..., murmura-t-elle.
Mais au moment où Maëlle et Gabriel quittaient le parc, ils ignoraient qu'une nouvelle épreuve les attendait.
Cette fois, elle ne viendrait ni d'une ancienne fiancée, ni du regard des autres.
Elle viendrait de leurs propres familles.
Et elle risquait de remettre en question le mariage qu'ils venaient de décider.
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