Les jours qui suivirent furent étrangement calmes.
Gabriel poursuivait son travail, retrouvait Maëlle le soir, et tout semblait avoir repris son cours normal.
Pourtant, une légère inquiétude s'était installée dans son cœur.
Il savait qu'Éléonore n'était pas revenue uniquement pour demander pardon.
Un mercredi après-midi, alors qu'il quittait son bureau, il trouva une enveloppe glissée sous la porte de son véhicule.
À l'intérieur, un simple mot.
«« J'aimerais te voir une dernière fois. Je ne te demanderai plus rien après cela. — Éléonore »»
Gabriel relut la lettre plusieurs fois.
Puis il prit une décision.
Il ne voulait ni mensonge ni ambiguïté.
Avant de répondre, il appela Maëlle.
— Tu es libre ce soir ?
— Oui. Tout va bien ?
— J'ai quelque chose d'important à te raconter.
Ils se retrouvèrent dans leur café habituel.
Gabriel posa l'enveloppe sur la table.
Maëlle la lut sans interrompre.
Lorsqu'elle leva les yeux, elle demanda simplement :
— Que souhaites-tu faire ?
Gabriel répondit sans hésiter.
— Aller la voir... pour fermer définitivement cette porte.
Maëlle resta silencieuse.
Il poursuivit.
— Mais je ne veux pas le faire sans que tu le saches. Notre relation mérite mieux que des secrets.
Elle sentit une boule se former dans sa gorge.
Une partie d'elle avait peur.
Peur qu'un ancien amour puisse renaître.
Peur de perdre l'homme qu'elle commençait à aimer profondément.
Mais une autre partie lui rappelait les paroles qu'elle lui avait dites quelques jours plus tôt.
La confiance consiste à croire que l'autre choisira de ne pas retourner vers son passé.
Elle inspira profondément.
— Vas-y.
Gabriel sembla surpris.
— Tu es sûre ?
— Oui.
Elle lui adressa un sourire sincère.
— Si notre amour dépend du fait que tu ne revoies jamais ton passé, alors il est déjà trop fragile.
Gabriel sentit son admiration pour elle grandir encore.
Le lendemain, il retrouva Éléonore dans un petit jardin public.
Elle semblait nerveuse.
— Merci d'être venu.
— Tu voulais me parler.
Elle baissa les yeux.
— J'ai fait la plus grande erreur de ma vie.
Sa voix tremblait.
— Depuis notre séparation, j'ai compris ce que j'avais perdu.
Elle s'approcha de lui.
— Est-ce qu'il est vraiment trop tard ?
Gabriel la regarda avec douceur.
Il ne ressentait ni colère, ni désir de vengeance.
Seulement une profonde paix.
— Oui.
Une larme coula sur la joue d'Éléonore.
— Parce que tu ne m'aimes plus ?
Gabriel répondit calmement :
— Parce que mon cœur a choisi un autre chemin.
Il ajouta après un silence :
— Je te souhaite sincèrement d'être heureuse. Mais cette histoire est terminée.
Éléonore ferma les yeux quelques instants.
Puis elle hocha lentement la tête.
— Merci... de ne pas m'avoir répondu avec haine.
Elle lui tendit la main.
Gabriel la serra brièvement.
Ils se quittèrent sans se retourner.
Le passé venait enfin de s'effacer.
Le soir, Gabriel retrouva Maëlle.
Ils marchèrent longtemps sans parler.
Puis il s'arrêta devant elle.
— C'est fini.
Maëlle n'eut pas besoin de demander des explications.
Elle le lut dans son regard.
Il avait tourné la page.
Définitivement.
Elle sourit.
— Alors avançons.
Gabriel prit doucement sa main.
— Ensemble ?
— Ensemble.
Leurs doigts s' entrelacèrent.
Pour la première fois, ils ne regardaient plus derrière eux.
Ils regardaient dans la même direction.
Sans savoir que la plus grande épreuve qui les attendait ne viendrait ni du passé, ni des autres.
Elle naîtrait d'un choix qui mettrait leur amour face à une vérité encore plus difficile.
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