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Chapitre 1 : Les bruits de la maison

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Une cage sans barreaux
Chapitre 1 sur 15
25/07/2026 2 min de lecture

Chapitre 1 : Les bruits de la maison

Dans la maison où Erica a grandi, le silence n'était jamais synonyme de paix. C'était un silence lourd, épais, chargé d'électricité statique, semblable à celui qui précède un orage violent.


À sept ans, Erica avait déjà développé un instinct de survie remarquable : l'art de se fondre dans le décor. Elle glissait le long des murs, marchait sur la pointe des pieds et refermait les portes sans émettre le moindre clignement. Moins on remarquait sa présence, moins elle risquait d'attirer l'attention de son père.


Son père, Marc, était un homme imposant dont la simple poignée de main respirait l'autorité. Pour lui, une maison se dirigeait comme une entreprise, avec une discipline de fer et sans place pour les sentiments. Il n'avait pas besoin de lever la main pour faire régner la terreur ; une intonation cassante, un regard noir au-dessus du journal ou un soupir d'agacement suffisaient à figer l'atmosphère.


Sa mère, Hélène, était son opposée exacte : une femme douce, au regard éteint, qui semblait rétrécir d'année en année. Sans emploi ni revenus personnels, elle dépendait entièrement de l'argent que Marc consentait à lui donner chaque semaine pour faire les courses. Chaque demande d'argent transformait la cuisine en un tribunal.


— « Encore ? Mais où passe tout cet argent, Hélène ? Tu ne sais pas gérer un budget ! » tirait Marc en jetant quelques billets sur la table comme on lance des pièces à un mendiant.


Hélène baissait les yeux, ramassait les billets et murmurait de vagues excuses. Depuis sa cachette derrière le canapé du salon, la petite Erica serrait ses poings d'enfant jusqu'à s'en enfoncer les ongles dans la paume. Elle ne comprenait pas tout à la comptabilité du foyer, mais elle ressentait avec une acuité douloureuse la honte qui rongeait sa mère.





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Chapitre 1 : Les bruits de la maison
Chapitre 1 / 15 · 2 min de lecture

Dans la maison où Erica a grandi, le silence n'était jamais synonyme de paix. C'était un silence lourd, épais, chargé d'électricité statique, semblable à celui qui précède un orage violent.


À sept ans, Erica avait déjà développé un instinct de survie remarquable : l'art de se fondre dans le décor. Elle glissait le long des murs, marchait sur la pointe des pieds et refermait les portes sans émettre le moindre clignement. Moins on remarquait sa présence, moins elle risquait d'attirer l'attention de son père.


Son père, Marc, était un homme imposant dont la simple poignée de main respirait l'autorité. Pour lui, une maison se dirigeait comme une entreprise, avec une discipline de fer et sans place pour les sentiments. Il n'avait pas besoin de lever la main pour faire régner la terreur ; une intonation cassante, un regard noir au-dessus du journal ou un soupir d'agacement suffisaient à figer l'atmosphère.


Sa mère, Hélène, était son opposée exacte : une femme douce, au regard éteint, qui semblait rétrécir d'année en année. Sans emploi ni revenus personnels, elle dépendait entièrement de l'argent que Marc consentait à lui donner chaque semaine pour faire les courses. Chaque demande d'argent transformait la cuisine en un tribunal.


— « Encore ? Mais où passe tout cet argent, Hélène ? Tu ne sais pas gérer un budget ! » tirait Marc en jetant quelques billets sur la table comme on lance des pièces à un mendiant.


Hélène baissait les yeux, ramassait les billets et murmurait de vagues excuses. Depuis sa cachette derrière le canapé du salon, la petite Erica serrait ses poings d'enfant jusqu'à s'en enfoncer les ongles dans la paume. Elle ne comprenait pas tout à la comptabilité du foyer, mais elle ressentait avec une acuité douloureuse la honte qui rongeait sa mère.





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