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chapitre 9 : Le quai des adieux

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LE SILENCE ENTRE NOUS
Chapitre 9 sur 18
23/07/2026 3 min de lecture

chapitre 9 : Le quai des adieux

Le départ d'Élise n'eut rien de spectaculaire.


Il n'y eut pas de grande scène.


Pas de cris.


Pas de reproches.


Seulement deux personnes debout dans un lieu presque vide, avec trop de choses dans le cœur et trop peu de mots pour les exprimer.


La gare était animée ce matin-là.


Les voyageurs marchaient rapidement, les valises roulaient sur le sol, les annonces résonnaient dans les haut-parleurs.


Mais pour Jack, tout semblait lointain.


Il était venu sans vraiment savoir pourquoi.


Après leur dernière conversation, il avait passé une nuit entière à réfléchir.


Il avait compris une chose :


Il avait toujours cru qu'Élise serait là.


Même lorsqu'il la repoussait.


Même lorsqu'il l'ignorait.


Même lorsqu'il lui faisait comprendre qu'elle prenait trop de place.


Il pensait qu'elle resterait.


Il avait eu tort.



Il l'aperçut près du quai.


Un manteau gris sur les épaules.


Une valise à la main.


Elle regardait le tableau des départs.


Jack resta quelques secondes à distance.


Il aurait pu repartir.


C'était ce qu'il faisait toujours.


Fuir les conversations difficiles.


Fuir les émotions.


Fuir tout ce qui pouvait le rendre vulnérable.


Mais cette fois...


Il avança.


— Élise.


Elle se retourna.


La surprise passa dans ses yeux.


— Jack ?


Un silence.


— Tu pars ?


Elle regarda sa valise.


Puis lui.


— Oui.


Il hocha la tête.


Comme si cette réponse était une information professionnelle.


Mais son regard disait autre chose.


— Pourquoi tu ne m'as rien dit ?


Élise eut un sourire triste.


— Je pensais que tu avais compris.


Cette phrase lui fit mal.


Parce qu'elle signifiait qu'elle avait attendu.


Et qu'il n'avait pas vu.



Ils restèrent quelques minutes sans parler.


Le train devait arriver dans dix minutes.


Jack cherchait quelque chose à dire.


Une phrase parfaite.


Une phrase qui pourrait réparer des années de distance.


Mais aucune phrase n'était assez grande.


Finalement, il dit :


— Je suis désolé.


Élise baissa légèrement les yeux.


Ce n'était pas la phrase qu'elle avait attendue.


Mais c'était peut-être la première fois qu'elle l'entendait sincèrement.


— Je sais.


— Je n'ai pas été juste avec toi.


— Non.


Elle ne chercha pas à le rassurer.


Et Jack comprit que c'était normal.


Il avait passé tellement de temps à minimiser ses sentiments qu'il devait maintenant accepter les conséquences.


— Est-ce que tu m'as vraiment aimé ?


La question sortit de sa bouche avant qu'il puisse la retenir.


Élise le regarda longtemps.


Puis répondit :


— Oui.


Un silence.


— C'est justement pour ça que je dois partir.


Le train entra en gare.


Le bruit des freins couvrit presque leurs voix.


Élise prit sa valise.


Puis elle ajouta :


— Prends soin de toi, Jack.


Elle monta dans le train.


Il resta immobile.


Il aurait voulu dire :


Reste.


Mais il ne le dit pas.


Comme toujours.


Les portes se fermèrent.


Le train commença à avancer.


Et Jack regarda disparaître la seule personne qui avait essayé de voir l'homme derrière son silence.



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chapitre 9 : Le quai des adieux
Chapitre 9 / 18 · 3 min de lecture

Le départ d'Élise n'eut rien de spectaculaire.


Il n'y eut pas de grande scène.


Pas de cris.


Pas de reproches.


Seulement deux personnes debout dans un lieu presque vide, avec trop de choses dans le cœur et trop peu de mots pour les exprimer.


La gare était animée ce matin-là.


Les voyageurs marchaient rapidement, les valises roulaient sur le sol, les annonces résonnaient dans les haut-parleurs.


Mais pour Jack, tout semblait lointain.


Il était venu sans vraiment savoir pourquoi.


Après leur dernière conversation, il avait passé une nuit entière à réfléchir.


Il avait compris une chose :


Il avait toujours cru qu'Élise serait là.


Même lorsqu'il la repoussait.


Même lorsqu'il l'ignorait.


Même lorsqu'il lui faisait comprendre qu'elle prenait trop de place.


Il pensait qu'elle resterait.


Il avait eu tort.



Il l'aperçut près du quai.


Un manteau gris sur les épaules.


Une valise à la main.


Elle regardait le tableau des départs.


Jack resta quelques secondes à distance.


Il aurait pu repartir.


C'était ce qu'il faisait toujours.


Fuir les conversations difficiles.


Fuir les émotions.


Fuir tout ce qui pouvait le rendre vulnérable.


Mais cette fois...


Il avança.


— Élise.


Elle se retourna.


La surprise passa dans ses yeux.


— Jack ?


Un silence.


— Tu pars ?


Elle regarda sa valise.


Puis lui.


— Oui.


Il hocha la tête.


Comme si cette réponse était une information professionnelle.


Mais son regard disait autre chose.


— Pourquoi tu ne m'as rien dit ?


Élise eut un sourire triste.


— Je pensais que tu avais compris.


Cette phrase lui fit mal.


Parce qu'elle signifiait qu'elle avait attendu.


Et qu'il n'avait pas vu.



Ils restèrent quelques minutes sans parler.


Le train devait arriver dans dix minutes.


Jack cherchait quelque chose à dire.


Une phrase parfaite.


Une phrase qui pourrait réparer des années de distance.


Mais aucune phrase n'était assez grande.


Finalement, il dit :


— Je suis désolé.


Élise baissa légèrement les yeux.


Ce n'était pas la phrase qu'elle avait attendue.


Mais c'était peut-être la première fois qu'elle l'entendait sincèrement.


— Je sais.


— Je n'ai pas été juste avec toi.


— Non.


Elle ne chercha pas à le rassurer.


Et Jack comprit que c'était normal.


Il avait passé tellement de temps à minimiser ses sentiments qu'il devait maintenant accepter les conséquences.


— Est-ce que tu m'as vraiment aimé ?


La question sortit de sa bouche avant qu'il puisse la retenir.


Élise le regarda longtemps.


Puis répondit :


— Oui.


Un silence.


— C'est justement pour ça que je dois partir.


Le train entra en gare.


Le bruit des freins couvrit presque leurs voix.


Élise prit sa valise.


Puis elle ajouta :


— Prends soin de toi, Jack.


Elle monta dans le train.


Il resta immobile.


Il aurait voulu dire :


Reste.


Mais il ne le dit pas.


Comme toujours.


Les portes se fermèrent.


Le train commença à avancer.


Et Jack regarda disparaître la seule personne qui avait essayé de voir l'homme derrière son silence.



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