De retour dans son appartement, Erica ne trouva plus aucun confort dans le luxe de son environnement.
Elle se plaça devant le grand miroir du salon. Elle y vit une femme de vingt et un ans, brillante, financièrement à l'abri de tout besoin, mais émotionnellement pétrifiée. En voulant fuir le destin de sa mère, elle était tombée dans un autre piège : celui d'une vie dirigée par la terreur.
Sa mère était prisonnière de sa dépendance ; elle, Erica, était prisonnière de son indépendance.
— « Je ne suis pas libre, » chuchota-t-elle à son propre reflet, les yeux humides. « Je suis juste en sécurité dans une cage que j'ai bâtie moi-même. »
Pour la première fois depuis la nuit de ses neuf ans, Erica laissa ses larmes couler. Des larmes chaudes, retenues pendant plus d'une décennie. Elle pleura sur la petite fille privée de douceur, sur l'adolescente qui s'était interdite de rêver, et sur la jeune femme qui n'avait jamais appris à faire confiance.
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