Au cours des mois suivants, Erica entreprit un travail silencieux mais colossal : déconstruire ses propres certitudes. Elle réalisa que se protéger n'exigeait pas de se condamner à la solitude absolue, et que la prudence n'était pas la haine.
Au cabinet financier, elle apprit à s'ouvrir doucement. Sans baisser sa garde sur le plan professionnel, elle accepta pour la première fois de déjeuner avec ses collègues, d'écouter leurs histoires et de partager de brefs moments de convivialité.
Elle fit la rencontre de Gabriel, un collaborateur senior calme et observateur. Contrairement aux hommes qu'Erica avait appris à redouter, Gabriel ne cherchait ni à s'imposer, ni à la dominer, ni à combler ses silences. Il respectait son indépendance et sa distance naturelle. Au fil des discussions professionnelles, une complicité intellectuelle s'installa, fondée sur le respect mutuel et une profonde honnêteté.
Pour la première fois de son existence, Erica découvrit qu'il existait des relations où l'autre ne cherchait pas à prendre le contrôle, mais simplement à marcher à ses côtés.
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