Quelques semaines plus tard, Erica emménageait dans un bel appartement situé au dernier étage d'un immeuble moderne au cœur du quartier d'affaires. La vue panoramique offrait les lumières étincelantes de la ville, un paysage urbain froid et géométrique, à l'image de la vie qu'elle s'était construite.
Elle avait désormais tout ce dont sa mère avait rêvé : l'indépendance financière totale, un poste respecté et la sécurité absolue. Personne ne lui dictait sa conduite, personne ne lui réclamait de comptes pour les factures ou les dépenses.
Pourtant, le soir venu, dans le silence clinique de son salon au mobilier épuré, une sensation glaciale venait l'envahir.
Erica n'avait pas d'amis véritables, seulement des collègues de travail et des partenaires d'affaires. Elle ne connaissait pas la chaleur d'un bras posé sur son épaule après une journée épuisante, ni la douceur d'une confidence partagée sans crainte d'être jugée. Son armure, si soigneusement forged au fil des ans, était devenue sa prison. La peur d'être vulnérable l'empêchait de laisser quiconque s'approcher à moins d'un mètre de son cœur.
Elle avait banni la menace, mais elle avait aussi banni la vie.
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