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Chapitre 10:Le Professeur — La Distance Nécessaire

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Ma vie
Chapitre 10 sur 11
19/07/2026 2 min de lecture

Chapitre 10:Le Professeur — La Distance Nécessaire

Il enseignait la philosophie depuis une quinzaine d'années lorsque Léna arriva dans sa classe de Terminale. Ses copies révélaient une capacité d'analyse peu commune pour son âge.

« Vous avez une lecture très fine pour votre âge, lui avait-il dit un jour. Continuez comme ça, vous irez loin. »

« Merci, monsieur. J'essaie de bien comprendre, pas juste de retenir. »

Ces échanges, purement pédagogiques de son point de vue, devinrent plus fréquents. Mais peu à peu, il remarqua des signes qui l' alertèrent : Léna restait systématiquement après les cours, même sans question précise ; elle semblait chercher, dans chaque compliment, une validation qui allait bien au-delà de la fierté scolaire.

Il en parla, sans donner de noms, à une collègue. « J'ai une élève brillante qui semble chercher beaucoup plus qu'un encadrement pédagogique. »

« Tu dois mettre une distance claire, Bernard. Tu es en position d'autorité face à une mineure, et c'est à toi de poser le cadre. »

Il choisit d'instaurer, progressivement, une distance plus nette. « Léna, vous devriez aussi profiter de vos amis, de votre âge. Le lycée, ce n'est pas que les cours. »

Il vit, dans le regard de son élève, quelque chose se refermer instantanément. Il renonça à clarifier davantage, craignant de nommer un malaise qu'il jugeait plus délicat à mettre en mots qu'à laisser sous-entendu.

« J'aurais dû lui expliquer clairement, confia-t-il un soir à sa collègue, des années après. Le silence, parfois, blesse plus que les mots. »

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Chapitre 10:Le Professeur — La Distance Nécessaire
Chapitre 10 / 11 · 2 min de lecture

Il enseignait la philosophie depuis une quinzaine d'années lorsque Léna arriva dans sa classe de Terminale. Ses copies révélaient une capacité d'analyse peu commune pour son âge.

« Vous avez une lecture très fine pour votre âge, lui avait-il dit un jour. Continuez comme ça, vous irez loin. »

« Merci, monsieur. J'essaie de bien comprendre, pas juste de retenir. »

Ces échanges, purement pédagogiques de son point de vue, devinrent plus fréquents. Mais peu à peu, il remarqua des signes qui l' alertèrent : Léna restait systématiquement après les cours, même sans question précise ; elle semblait chercher, dans chaque compliment, une validation qui allait bien au-delà de la fierté scolaire.

Il en parla, sans donner de noms, à une collègue. « J'ai une élève brillante qui semble chercher beaucoup plus qu'un encadrement pédagogique. »

« Tu dois mettre une distance claire, Bernard. Tu es en position d'autorité face à une mineure, et c'est à toi de poser le cadre. »

Il choisit d'instaurer, progressivement, une distance plus nette. « Léna, vous devriez aussi profiter de vos amis, de votre âge. Le lycée, ce n'est pas que les cours. »

Il vit, dans le regard de son élève, quelque chose se refermer instantanément. Il renonça à clarifier davantage, craignant de nommer un malaise qu'il jugeait plus délicat à mettre en mots qu'à laisser sous-entendu.

« J'aurais dû lui expliquer clairement, confia-t-il un soir à sa collègue, des années après. Le silence, parfois, blesse plus que les mots. »

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