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Chapitre 7:Yves — "Le Pilier Silencieux"

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Ma vie
Chapitre 7 sur 11
19/07/2026 2 min de lecture

Chapitre 7:Yves — "Le Pilier Silencieux"

Yves avait trois ans de plus que Léna, et toute son enfance fut marquée par un sentiment diffus de responsabilité que personne ne lui avait explicitement confié, mais qu'il avait endossé de lui-même.

« Tu n'as pas à t'occuper de ta sœur tout le temps, Yves », lui disait parfois sa grand-mère.

« Si je ne le fais pas, qui le fera ? »

Le divorce de ses parents le frappa lui aussi, avec une violence qu'il choisit de ne jamais montrer. Il se souvenait du soir où Armand leur avait annoncé la nouvelle. Léna n'avait rien dit. Yves, lui, était monté dans sa chambre et avait frappé son oreiller jusqu'à ce que ses phalanges lui fassent mal.

« Tu parles à qui, le soir, dans ta chambre ? » lui avait-il demandé un jour, l'ayant surprise en pleine conversation avec elle-même.

« À personne. Je réfléchissais à voix haute. »

« Léna, tu peux me le dire, tu sais. Je suis ton frère. »

Elle avait fermé son cahier d'un geste sec. « Il n'y a rien à dire, Yves. Tout va bien. »

Il n'avait pas insisté ce jour-là, mais l'inquiétude s'était logée en lui.

Le soir où Léna, épuisée par son échec en Première, s'était effondrée en larmes sur son bureau, Yves s'était assis à côté d'elle.

« On reprend depuis le début, avait-il dit. Pas de pression. On a le temps. »

« Pourquoi tu fais ça pour moi ? »

« Parce que t'es ma sœur. C'est tout. »

Des années plus tard, autour d'un café, Léna lui demanda : « Tu m'en as voulu, parfois, de prendre autant de place ? »

Yves resta silencieux un instant. « Un peu, oui. Il y a des soirs où j'aurais aimé qu'on s'occupe de moi comme on s'occupait de toi. Mais je ne regrette rien de ce que j'ai fait pour toi, Léna. C'est juste que... j'attends encore, un peu, que quelqu'un fasse pour moi ce que j'ai fait pour toi. »

Léna avait pris sa main, sans un mot.

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Chapitre 7:Yves — "Le Pilier Silencieux"
Chapitre 7 / 11 · 2 min de lecture

Yves avait trois ans de plus que Léna, et toute son enfance fut marquée par un sentiment diffus de responsabilité que personne ne lui avait explicitement confié, mais qu'il avait endossé de lui-même.

« Tu n'as pas à t'occuper de ta sœur tout le temps, Yves », lui disait parfois sa grand-mère.

« Si je ne le fais pas, qui le fera ? »

Le divorce de ses parents le frappa lui aussi, avec une violence qu'il choisit de ne jamais montrer. Il se souvenait du soir où Armand leur avait annoncé la nouvelle. Léna n'avait rien dit. Yves, lui, était monté dans sa chambre et avait frappé son oreiller jusqu'à ce que ses phalanges lui fassent mal.

« Tu parles à qui, le soir, dans ta chambre ? » lui avait-il demandé un jour, l'ayant surprise en pleine conversation avec elle-même.

« À personne. Je réfléchissais à voix haute. »

« Léna, tu peux me le dire, tu sais. Je suis ton frère. »

Elle avait fermé son cahier d'un geste sec. « Il n'y a rien à dire, Yves. Tout va bien. »

Il n'avait pas insisté ce jour-là, mais l'inquiétude s'était logée en lui.

Le soir où Léna, épuisée par son échec en Première, s'était effondrée en larmes sur son bureau, Yves s'était assis à côté d'elle.

« On reprend depuis le début, avait-il dit. Pas de pression. On a le temps. »

« Pourquoi tu fais ça pour moi ? »

« Parce que t'es ma sœur. C'est tout. »

Des années plus tard, autour d'un café, Léna lui demanda : « Tu m'en as voulu, parfois, de prendre autant de place ? »

Yves resta silencieux un instant. « Un peu, oui. Il y a des soirs où j'aurais aimé qu'on s'occupe de moi comme on s'occupait de toi. Mais je ne regrette rien de ce que j'ai fait pour toi, Léna. C'est juste que... j'attends encore, un peu, que quelqu'un fasse pour moi ce que j'ai fait pour toi. »

Léna avait pris sa main, sans un mot.

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