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Les souvenirs, pas les bons

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NEW LIFE : tout aux aurores
Chapitre 13 sur 14
16/06/2026 10 min de lecture

Les souvenirs, pas les bons

Will... Je... Euh..., balbutie t-elle avant de prendre une grande inspiration et reprendre. Écoutes Will...


Je ne fais que ça, mais tu n'as encore rien dit, la coupé-je froidement sentant sa main se décoller de mon bras.


Je n'ai jamais voulu te faire de mal Will, je... je regrette ce que je t'ai fait, j'ai tellement honte.


Eléonore pourrais-tu me dire quelque chose de nouveau s'il te plaît ? Je n'ai pas que ça à faire, t'entendre tenir le même discours depuis longtemps. Tu n'es pas un disque rayé à ce que je sache.


Will, je sais... Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable, je sais que je t'ai fait du mal. Je suis vraiment désolée Will, pardonnes moi je t'en prie, déclare t-elle entre deux sanglots.


Et je la sens pleurer. 


Je ne supporte pas de voir une femme pleurer et elle le sait. Elle veut me prendre par les sentiments, je ne suis pas dupe, je vois clair dans son jeu. Je ne vais pas la consoler, ni m'attendrir comme elle le souhaite parce que je sais parfaitement qu'il s'agit une nouvelle fois d'une ruse. Elle veut m'amadouer comme la dernière fois. Il avait fallu quelques larmes, quelques paroles, quelques excuses et la promesse de ne jamais recommencer pour que je lui accorde une seconde chance. Évidemment tout était faux. Je me suis fait avoir comme un imbécile mais que dire ? J'étais amoureux, je l'aimais.


Quand elle m'avait dit avoir coupé tout contact avec cet enfoiré de Liam je l'ai cru, mais en réalité ce n'était pas le cas. Elle continuait à le fréquenter malgré sa promesse, et ce n'était pas que pour leur relation, c'était également pour leurs combines foireuses.


Maintenant que j'y pense, ils étaient tous les deux fautifs et pourtant je ne m'étais éloigné que de lui et pas d'elle. C'était idiot.


En voyant que je ne réagis ni ne dis quoi que ce soit, elle reprend les mêmes paroles qu'elle me rabâche depuis deux ans maintenant. Et ça fait deux ans qu'on est plus ensemble. 


Will ? Will, s'il te plaît dis quelque chose.


Et qu'est ce que tu voudrais que je dise ? Lancé-je bientôt agacé.


Je ne sais pas...


Il n'y a rien de plus à dire, je conclus en lui faisant face, décroisant les bras et mettant mes mains dans les poches de mon pantalon. Si tu n'as plus rien à ajouter, tu connais la sortie, dis-je sèchement en la traversant pour aller lui ouvrir la porte.


Elle avance vers moi les yeux remplis de ce liquide salé que j'ai autre fois balayé délicatement de sa joue, tout en caressant sa peau de porcelaine. 


Elle a une petite mine. Le visage triste en quête d'empathie de ma part et, ça me ferait presque de la peine mais je n'y crois plus. Tout ce que je veux c'est de la voir partir. Peut-être elle a oublié ce qu'elle m'avait dit le soir où j'ai appris sa relation avec Liam, moi non. Entre sa double trahison et ses tentatives de réconciliation il y a contradiction. Elle semble avoir des tendances bipolaires, sinon je ne comprends pas ses agissements.


Avant de sortir, elle me lance un regard meurtri. Ses pupilles grises sont arimés aux miennes un instant, puis elle me caresse l'avant bras avant de sortir de ma chambre. Je referme quelques secondes après elle et souffle un bon coup. Qu'elle ne revienne plus.


Ma main qui passe sur mon visage finit dans mes cheveux quand la porte s'ouvre après deux coups doucement frappé. J’ignore ces bruits et je vais m’asseoir sur mon lit.


Mon chéri...


Maman je ne veux pas en parler... s'il te plaît, l'interrompé-je d'un ton lasse.


Pas de panique mon chéri. Je viens simplement savoir comment vous allez, ton petit cœur et toi, commence t-elle en déposant sa main sur mon genou après s'être assise juste à côté de moi.


Je vais bien, je mens en forçant un léger sourire que je ne trouverais pas non plus très convaincant si j'étais à sa place.


De son pouce, elle caresse mon genou et je viens déposer ma main sur la sienne pour la rassurer, puis je la prends et y dépose un baiser sur le revers. Elle sourit compatissante, et ramène en arrière quelques mèches de mes cheveux avec son autre main, avant de me caresser la joue avec son pouce et de réitérer son geste avec le revers de ses doigts fins.


J’avais presque oublié ces gestes d’affection qu’elle pouvait avoir envers ses enfants. Ils traduisent d’autant plus son attention que son inquiétude pas si difficile à lire sur ses traits familiers. La raison pour laquelle je n’en parle pas, c’est parce qu’il est hors de question de l’inquiéter davantage et risquer un scandale évitable. Elle sent quand quelque chose ne va pas et là en l'occurrence elle sait, du moins elle a des doutes, mais je continuerai de me taire. De toute façon il n’y a plus rien à dire.


L'histoire avec Eléonore est un sujet que j'ai très peu abordé, avec tout le monde comme avec elle. J'ai simplement annoncé la rupture en survolant les raisons de cette séparation avec quelques explications sans rentrer dans les détails. Pour ce qui est du cas «Liam», elle est au courant de ses coups bas sur le plan professionnel uniquement, par contre elle sait pour la fin de notre amitié de longues dates. Fausse et hypocrite depuis longtemps.


Après toutes ces découvertes j'avais décidé de ne plus être lié à eux, de près ou de loin. Et je n'en avais pas parlé. Personnellement ça ne me concernait plus, et puis s'ils voulaient courir le risque de se faire critiquer et voir leur réputation ternie, ça les engageait. De mon côté je voulais juste les rayer de ma vie, lui, elle...


S’il faille être honnête, en réalité le fait qu'Eléonore m'ait volé mes idées pour les donner à Liam n'est pas ce qui m'avait le plus blessé comme elle le pense, bien que cette découverte m'avait tout autant surpris et déçu. Ce qui m'a anéanti, c'est la trahison sentimentale avec mon meilleur ami, ou plutôt celui que je pensais l'être. Ça c'était le pire. J'étais tombé de très haut et la chute a été brutale.


Elle m'a trompé ouvertement, alors que je l'aimais et que je lui faisais confiance. Je reconnais que j'étais parfois absent à cause de mes projets professionnels c'est vrai, mais je n’ai jamais été distant comme elle a voulu me faire croire quand elle m’a rejeté la faute dessus pour justifier sa trahison. 


À cette période j'étais focalisé sur mes objectifs, ma relation passait parfois au second plan et elle le savait, mais ça ne signifiait pas que je ne l'aimais pas ou que notre couple était devenu moins important. Mes plans professionnels et personnels étaient avec elle. Je l'incluais dans toutes mes idées et projets d'avenir, ça n'avait pas l'air de poser problème, au contraire. Elle affirmait qu’elle appréciait et elle me le démontrait aussi, ça elle savait y faire. Elle savait comment s’y prendre pour me rendre dingue, surtout quand nous n’étions que tous les deux seuls dans une pièce et isolés de tous. Là elle se lâchait et elle me parlait entre deux pauses, tout avait l’air d’aller. Tout était parfait mais j'avais visiblement mal jaugé. J'avais sûrement mes tords cependant je ne pense pas que mon attitude justifie ses actes. Bien-sûr que non. Rien ne justifie ce qu'elle a fait. 


Pendant longtemps ça m'avait tourmenté parce que je croyais que c'était ma faute. J'avais perdu mon raisonnement pendant un moment. J'avais mal vécu la situation, c'était difficile mais j'avais fini par l'accepter et petit à petit je m'en suis remis.


Que je sois passé à autre chose est un fait, cependant, il y a des questions concernant mon ancien meilleur ami qui me taraudent l'esprit. Je me demande à partir de quel moment il a changé et depuis quand il développe autant de ressentiments à mon égard au point de me voler mes idées de projets en se servant de ma copine qui plus est, et au final me la piquer. Qu'il ait copié mon projet je l'aurai sûrement laissé passer, mais qu'il me trahisse en continu comme il l'a fait et avec celle que j'aimais ? Le pire c'est qu'il ne le regrette pas.


Il a jeté des années d'amitié, ou non en fait. Quand j'y pense il n'y a sûrement jamais eu d'amitié, du moins de son côté. 


De toute façon j'ai trouvé des alternatives et je m'en suis sorti, inutile de s’apitoyer. J'ai eu d'autres idées et j'ai pu créer mon entreprise même si Eléonore y avait encore des parts. Justement pour en revenir au sujet, j'ai dû inventer un prétexte pour justifier mon rachat de ses parts et grâce à ça, je suis l'unique gérant maintenant. Heureusement il n'y a pas eu de scandal dans la presse. Aucune pression médiatique du côté professionnel mais notre rupture a quand même fait du bruit. Je n'ai pas eu la force de m'occuper de mon image dans les magazines, c'était le cadet de mes soucis pourtant c'était mon quotidien de veiller à n'apparaître dans aucun de ces articles.


Après ce chaos, je suis devenu différent, distant d’après mes proches et je leur donne raison. J'avais des sauts d'humeur parfois ingérables, mon quotidien m'était fade et cyclique alors je suis parti. Pour éviter de causer plus de tord, je suis allé m'installer dans une autre ville et ça a été la meilleure décision que j'ai prise. Ça tombait bien puisque j'avais déjà acheté le local pour ce qui allait devenir mon échappatoire. J'avais de quoi m'occuper et me vider l'esprit, bien que je faisais des allers retours pour le travail.


Toujours assis sur le lit avec la main de ma mère sur ma joue, je pose mon regard sur elle et je lui demande où se trouve le chef de cette famille, parce qu'il doit m'expliquer ce qu'il se passe exactement. Certes j'ai refusé d'y travailler mais je n'accepterai, ni ne laisserai couler l'entreprise.


Elle me sourit avant de me répondre que je le verrai demain et que pour l'heure je devrais me reposer, «le travail ne fuit pas» elle a dit. Je ne la contredis pas et j’acquiesce, bien qu'un peu anxieux de l'état de la société même si je n'y parais pas. Elle se lève et me donne un baiser dans les cheveux avant de sortir de la chambre et de me souhaiter une bonne nuit.


Je me lève à mon tour en direction de la salle de bain. J'ai besoin de prendre une douche.


Une fois terminé et mes cheveux encore humides, j'enfile un bas de jogging ainsi qu'un t-shirt et je vais me glisser sous les draps. Le regard fixé sur le plafond et une main derrière la tête, j'essaie de calmer mes pensées lourdes.

13 / 14

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Les souvenirs, pas les bons
Chapitre 13 / 14 · 10 min de lecture

Will... Je... Euh..., balbutie t-elle avant de prendre une grande inspiration et reprendre. Écoutes Will...


Je ne fais que ça, mais tu n'as encore rien dit, la coupé-je froidement sentant sa main se décoller de mon bras.


Je n'ai jamais voulu te faire de mal Will, je... je regrette ce que je t'ai fait, j'ai tellement honte.


Eléonore pourrais-tu me dire quelque chose de nouveau s'il te plaît ? Je n'ai pas que ça à faire, t'entendre tenir le même discours depuis longtemps. Tu n'es pas un disque rayé à ce que je sache.


Will, je sais... Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable, je sais que je t'ai fait du mal. Je suis vraiment désolée Will, pardonnes moi je t'en prie, déclare t-elle entre deux sanglots.


Et je la sens pleurer. 


Je ne supporte pas de voir une femme pleurer et elle le sait. Elle veut me prendre par les sentiments, je ne suis pas dupe, je vois clair dans son jeu. Je ne vais pas la consoler, ni m'attendrir comme elle le souhaite parce que je sais parfaitement qu'il s'agit une nouvelle fois d'une ruse. Elle veut m'amadouer comme la dernière fois. Il avait fallu quelques larmes, quelques paroles, quelques excuses et la promesse de ne jamais recommencer pour que je lui accorde une seconde chance. Évidemment tout était faux. Je me suis fait avoir comme un imbécile mais que dire ? J'étais amoureux, je l'aimais.


Quand elle m'avait dit avoir coupé tout contact avec cet enfoiré de Liam je l'ai cru, mais en réalité ce n'était pas le cas. Elle continuait à le fréquenter malgré sa promesse, et ce n'était pas que pour leur relation, c'était également pour leurs combines foireuses.


Maintenant que j'y pense, ils étaient tous les deux fautifs et pourtant je ne m'étais éloigné que de lui et pas d'elle. C'était idiot.


En voyant que je ne réagis ni ne dis quoi que ce soit, elle reprend les mêmes paroles qu'elle me rabâche depuis deux ans maintenant. Et ça fait deux ans qu'on est plus ensemble. 


Will ? Will, s'il te plaît dis quelque chose.


Et qu'est ce que tu voudrais que je dise ? Lancé-je bientôt agacé.


Je ne sais pas...


Il n'y a rien de plus à dire, je conclus en lui faisant face, décroisant les bras et mettant mes mains dans les poches de mon pantalon. Si tu n'as plus rien à ajouter, tu connais la sortie, dis-je sèchement en la traversant pour aller lui ouvrir la porte.


Elle avance vers moi les yeux remplis de ce liquide salé que j'ai autre fois balayé délicatement de sa joue, tout en caressant sa peau de porcelaine. 


Elle a une petite mine. Le visage triste en quête d'empathie de ma part et, ça me ferait presque de la peine mais je n'y crois plus. Tout ce que je veux c'est de la voir partir. Peut-être elle a oublié ce qu'elle m'avait dit le soir où j'ai appris sa relation avec Liam, moi non. Entre sa double trahison et ses tentatives de réconciliation il y a contradiction. Elle semble avoir des tendances bipolaires, sinon je ne comprends pas ses agissements.


Avant de sortir, elle me lance un regard meurtri. Ses pupilles grises sont arimés aux miennes un instant, puis elle me caresse l'avant bras avant de sortir de ma chambre. Je referme quelques secondes après elle et souffle un bon coup. Qu'elle ne revienne plus.


Ma main qui passe sur mon visage finit dans mes cheveux quand la porte s'ouvre après deux coups doucement frappé. J’ignore ces bruits et je vais m’asseoir sur mon lit.


Mon chéri...


Maman je ne veux pas en parler... s'il te plaît, l'interrompé-je d'un ton lasse.


Pas de panique mon chéri. Je viens simplement savoir comment vous allez, ton petit cœur et toi, commence t-elle en déposant sa main sur mon genou après s'être assise juste à côté de moi.


Je vais bien, je mens en forçant un léger sourire que je ne trouverais pas non plus très convaincant si j'étais à sa place.


De son pouce, elle caresse mon genou et je viens déposer ma main sur la sienne pour la rassurer, puis je la prends et y dépose un baiser sur le revers. Elle sourit compatissante, et ramène en arrière quelques mèches de mes cheveux avec son autre main, avant de me caresser la joue avec son pouce et de réitérer son geste avec le revers de ses doigts fins.


J’avais presque oublié ces gestes d’affection qu’elle pouvait avoir envers ses enfants. Ils traduisent d’autant plus son attention que son inquiétude pas si difficile à lire sur ses traits familiers. La raison pour laquelle je n’en parle pas, c’est parce qu’il est hors de question de l’inquiéter davantage et risquer un scandale évitable. Elle sent quand quelque chose ne va pas et là en l'occurrence elle sait, du moins elle a des doutes, mais je continuerai de me taire. De toute façon il n’y a plus rien à dire.


L'histoire avec Eléonore est un sujet que j'ai très peu abordé, avec tout le monde comme avec elle. J'ai simplement annoncé la rupture en survolant les raisons de cette séparation avec quelques explications sans rentrer dans les détails. Pour ce qui est du cas «Liam», elle est au courant de ses coups bas sur le plan professionnel uniquement, par contre elle sait pour la fin de notre amitié de longues dates. Fausse et hypocrite depuis longtemps.


Après toutes ces découvertes j'avais décidé de ne plus être lié à eux, de près ou de loin. Et je n'en avais pas parlé. Personnellement ça ne me concernait plus, et puis s'ils voulaient courir le risque de se faire critiquer et voir leur réputation ternie, ça les engageait. De mon côté je voulais juste les rayer de ma vie, lui, elle...


S’il faille être honnête, en réalité le fait qu'Eléonore m'ait volé mes idées pour les donner à Liam n'est pas ce qui m'avait le plus blessé comme elle le pense, bien que cette découverte m'avait tout autant surpris et déçu. Ce qui m'a anéanti, c'est la trahison sentimentale avec mon meilleur ami, ou plutôt celui que je pensais l'être. Ça c'était le pire. J'étais tombé de très haut et la chute a été brutale.


Elle m'a trompé ouvertement, alors que je l'aimais et que je lui faisais confiance. Je reconnais que j'étais parfois absent à cause de mes projets professionnels c'est vrai, mais je n’ai jamais été distant comme elle a voulu me faire croire quand elle m’a rejeté la faute dessus pour justifier sa trahison. 


À cette période j'étais focalisé sur mes objectifs, ma relation passait parfois au second plan et elle le savait, mais ça ne signifiait pas que je ne l'aimais pas ou que notre couple était devenu moins important. Mes plans professionnels et personnels étaient avec elle. Je l'incluais dans toutes mes idées et projets d'avenir, ça n'avait pas l'air de poser problème, au contraire. Elle affirmait qu’elle appréciait et elle me le démontrait aussi, ça elle savait y faire. Elle savait comment s’y prendre pour me rendre dingue, surtout quand nous n’étions que tous les deux seuls dans une pièce et isolés de tous. Là elle se lâchait et elle me parlait entre deux pauses, tout avait l’air d’aller. Tout était parfait mais j'avais visiblement mal jaugé. J'avais sûrement mes tords cependant je ne pense pas que mon attitude justifie ses actes. Bien-sûr que non. Rien ne justifie ce qu'elle a fait. 


Pendant longtemps ça m'avait tourmenté parce que je croyais que c'était ma faute. J'avais perdu mon raisonnement pendant un moment. J'avais mal vécu la situation, c'était difficile mais j'avais fini par l'accepter et petit à petit je m'en suis remis.


Que je sois passé à autre chose est un fait, cependant, il y a des questions concernant mon ancien meilleur ami qui me taraudent l'esprit. Je me demande à partir de quel moment il a changé et depuis quand il développe autant de ressentiments à mon égard au point de me voler mes idées de projets en se servant de ma copine qui plus est, et au final me la piquer. Qu'il ait copié mon projet je l'aurai sûrement laissé passer, mais qu'il me trahisse en continu comme il l'a fait et avec celle que j'aimais ? Le pire c'est qu'il ne le regrette pas.


Il a jeté des années d'amitié, ou non en fait. Quand j'y pense il n'y a sûrement jamais eu d'amitié, du moins de son côté. 


De toute façon j'ai trouvé des alternatives et je m'en suis sorti, inutile de s’apitoyer. J'ai eu d'autres idées et j'ai pu créer mon entreprise même si Eléonore y avait encore des parts. Justement pour en revenir au sujet, j'ai dû inventer un prétexte pour justifier mon rachat de ses parts et grâce à ça, je suis l'unique gérant maintenant. Heureusement il n'y a pas eu de scandal dans la presse. Aucune pression médiatique du côté professionnel mais notre rupture a quand même fait du bruit. Je n'ai pas eu la force de m'occuper de mon image dans les magazines, c'était le cadet de mes soucis pourtant c'était mon quotidien de veiller à n'apparaître dans aucun de ces articles.


Après ce chaos, je suis devenu différent, distant d’après mes proches et je leur donne raison. J'avais des sauts d'humeur parfois ingérables, mon quotidien m'était fade et cyclique alors je suis parti. Pour éviter de causer plus de tord, je suis allé m'installer dans une autre ville et ça a été la meilleure décision que j'ai prise. Ça tombait bien puisque j'avais déjà acheté le local pour ce qui allait devenir mon échappatoire. J'avais de quoi m'occuper et me vider l'esprit, bien que je faisais des allers retours pour le travail.


Toujours assis sur le lit avec la main de ma mère sur ma joue, je pose mon regard sur elle et je lui demande où se trouve le chef de cette famille, parce qu'il doit m'expliquer ce qu'il se passe exactement. Certes j'ai refusé d'y travailler mais je n'accepterai, ni ne laisserai couler l'entreprise.


Elle me sourit avant de me répondre que je le verrai demain et que pour l'heure je devrais me reposer, «le travail ne fuit pas» elle a dit. Je ne la contredis pas et j’acquiesce, bien qu'un peu anxieux de l'état de la société même si je n'y parais pas. Elle se lève et me donne un baiser dans les cheveux avant de sortir de la chambre et de me souhaiter une bonne nuit.


Je me lève à mon tour en direction de la salle de bain. J'ai besoin de prendre une douche.


Une fois terminé et mes cheveux encore humides, j'enfile un bas de jogging ainsi qu'un t-shirt et je vais me glisser sous les draps. Le regard fixé sur le plafond et une main derrière la tête, j'essaie de calmer mes pensées lourdes.

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