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Tout est nouveau

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NEW LIFE : tout aux aurores
Chapitre 9 sur 9 27/05/2026

Tout est nouveau

Le soleil a brillé sur la ville toujours mouvementée pendant quelques minutes, assez pour me sortir de mon sommeil par ses rayons à travers les rideaux de ma chambre qui les filtraient. Le jour s'est levé, il est temps d'aller travailler bien que je n'en ai pas vraiment envie après le weekend que j'ai eu. Jusqu'à hier encore mon père était dans la ville et on en a profité pour se voir. On a passé deux jours ensemble à s'amuser comme quand j'étais petite. Honnêtement ça m'a fait très plaisir après la semaine mouvementée que j'ai eu, j'en avais besoin et lui aussi je pense. On a pas fait grand choses, ou plutôt on a pas pu, pour éviter de s'exposer. A vrai dire ce n'était pas grave parce qu'on a pas eu besoin de sortir. Tout ce qu’on a fait, on l’a fait dans un lieu tout simple à son image et c'était tout aussi bien. Nous avons discuté un peu du travail et de quelques détails tout en mangeant et sirotant un bon vin comme il l'aime. Je suis très reconnaissante. Avec lui tout comme avec ma mère, je peux discuter librement et échanger avec eux sur n'importe quoi. De plus ils me donnent toujours des conseils de sages que je garde précieusement, attendant le moment où je les appliquerais même si au moment où il le faut, je ne m’en rappelle que bien plus tard. Je vérifie l'heure sur mon téléphone et je me rends compte que le temps file ici, ou alors c'est juste moi qui ne suis pas le rythme, je ne sais pas. Il est sept heure trente. Je ne tarde pas à me lever de mon lit et me parer pour la journée. Une fois dehors, j'en profite pour déjeuner rapidement avant de partir même si j'ai encore du temps devant moi. C'est mon premier jour de cours aujourd'hui. Hormis la petite appréhension que j'ai sur l'immersion dans un environnement que je ne connais pas, je suis plutôt excitée de commencer. J'ai reçu pleins de messages d'encouragement de la part de mes parents, de mes amis. Ils m'ont donné des conseils, les garçons m'ont évidemment charrié mais au final ils ont manifesté de la fierté à mon égard. Quand je pense à cette journée, je me souviens que je ne serai pas si seule que ça parce qu'il y aura Iris. On ne s'est pas revu depuis longtemps elle et moi donc j'imagine qu'elle aura un tas de choses à me raconter, elle semble avoir toujours à dire. Dans tous les cas, j'espère que tout se passe bien. Ça fait des jours que je me prépare mentalement pour tout ça. Il n'est que huit heure et quelques à ma montre. J'ai cours à dix heure, donc du temps j'en ai alors j'arrête de me presser. Ce n'est pas comme si je suis en retard. Le temps qui me reste, je le passe à lire les actualités installée sur une terrasse d'un café près de l'école en attendant. Il n'y a évidemment rien de bien captivant dans les journaux, juste la routine. Je fais un tour dans les magazines maintenant et je me trouve en face d'un article qui me laisse sans voix, même s'il fallait s'y attendre. Je suis exaspérée mais ça ne me surprends plus autant en fait. Plus rien ne me surprendra désormais de la part de ces magazines. Je me demande quand est ce qu'ils arrêteront de le traquer comme ça. À ce que je sache, chacun a une vie privée qu'il choisit de garder privée. C'est le terme clé dans «vie privée», mais évidemment mon père lui n'a pas ce droit sous prétexte qu'il soit publiquement connu selon eux. C'est ridicule. En fait si je suis remontée, c'est à cause de cet article en première page sur lequel je suis tombée, qui raconte son «escapade» ici. Il y est même mentionné qu'il aurait été en compagnie d'une personne dont ils ignorent l’identité. Ils font des spéculations et émettent des suppositions, déclarant que ça aurait pu être une amie, une connaissance cachée ou une potentielle maîtresse. Ils vont trop loin. Ce sont ces journalistes, du moins certains d'entre eux, peu professionnels et dépourvus d'éthique, qui sont toujours entrain de raconter n'importe quoi, quitte à inventer quelque chose d'intéressant selon eux, juste pour attirer l'attention et se faire un nom. Ils pourraient tout aussi bien agir différemment et gagner en popularité, avec la réputation d'être des gens sérieux chez qui l'on peut se fier, mais non. C'est leur choix après tout. Le mal est fait, je ne peux rien changer. Mon irritation ne sert pas à grand chose maintenant. J'ai juste à outrepasser ce sentiment même si sur mon visage se lit quand même mon mécontentement. À peine j'ai le temps de passer à la page suivante que surgit dans mon dos Iris dans des exclamations à son image. J'ai un hoquet de surprise et mon cœur se met à battre un peu plus rapidement que la normale. Je la vois s'asseoir en face de moi sourire aux lèvres. Elle est complètement folle ma parole. — Ça va ? Tu as l'air contrariée, tout va bien ? Je prends quelques petites inspirations et me reprends avant de lui répondre. — Oui ça va, je te remercie et toi même ? — Moi ? Toujours au top ! S'exclame t-elle avec énergie. Alors comment s'est passé le weekend de ma nouvelle pote ? Bien ? Pas bien ? Moyen ? Extra !? Ou nul ? Allez, vas-y dis moi, débite t-elle totalement excitée, accrochée à mes lèvres attendant une réponse de ma part. — Plutôt bien. — C'est tout ? Juste un «plutôt bien» ? Il n'y a rien eu de spécial ? T'as pas eu, je ne sais pas, une forte émotion positive ? Qui dit «forte émotion positive» ? Je ne l'ai jamais entendu nul part, elle est spéciale cette fille. — Toi tu veux me dire quelque chose, je me trompe ? M'intéressé-je intriguée. — Tu as trop raison. Tu te souviens l'autre jour, je t'ai parlé de moi, de mes parents et, de mon frère ? Elle insiste sur le mot frère avec un sourcil levé mais j'acquiesce silencieuse et elle continue. Et bien, ce que tu ne sais pas ou plutôt ce que je ne t'ai pas dit à propos de lui, c'est qu'il est pilote de Formule 1, enfin il est en F2. Je ne l'ai pas vu depuis cinq ans à cause de ses compétions et ses entraînements mais, figures toi qu'hier il est rentré et il va rester toute la semaine avec nous, c'est trop bien ! Je suis trop heureuse, aux anges, à la fois excitée, impatiente de rentrer aussi, et de passer du temps avec lui, il m'a trop manqué, déballe t-elle toute en joie, sans camoufler ses expressions faciales qui changent en fonction de ce qu'elle dit. — C'est super alors, je suis contente pour toi. — Merci, dit-elle. Au fait, il faudrait que je te le présente, ajoute t-elle en haussant deux fois ses sourcils. — Pourquoi ça ? Je veux dire, pourquoi tu aurais besoin de me le présenter ? On ne se connait que depuis très p... — Ah, souffle t-elle bruyamment en levant les yeux en l'air tout en s'adossant à sa chaise. Encore tes histoires de «on ne se connait pas » et patati et patata, elle se redresse et ajoute. Je te l'ai dit pourtant, nous sommes destinées à être les meilleures amies du monde. En plus ça sera une occasion de faire sa connaissance vu que tu ne le connais pas, comme tu le dis si bien. Alors qu'est ce que tu en dis ? Tu acceptes ? Argumente t-elle avec un grand sourire et des grands yeux. — Je ne crois p... — Allez dis oui, ste plaît, insiste t-elle en joignant ses mains, le visage triste pour me convaincre. Après un soupir et une longue réflexion qui traduit mon incertitude, je finis pas abdiquer et j'accepte d'y aller. Rencontrer de nouvelles personnes de cette manière pourrait être une bonne expérience, même si ce n'est pas dans mes habitudes de me lier aussi rapidement. Au quotidien, c'est vrai que je rencontre beaucoup de gens dans le cadre professionnel. Je côtoie pas mal de monde mais en ce qui concerne le côté personnel, j'ai un peu de mal. Je suis sociable et c’est vrai que je ne refuse pas une conversation avec une personne que je connais à peine, seulement, m'ouvrir ou parler de moi, c'est un exercice dans lequel je n'excelle pas. Je peux parler de tout sauf de moi. Peut-être que je suis conditionnée par ma situation actuelle, ou alors c'est un trait de caractère chez moi. J'éprouve facilement de la méfiance même si elle est en petite quantité et pas assez pour me pousser à m'éloigner. Dans la même lignée, ma confiance je ne l'accorde pas en un regard. Il faut du temps et même pendant ce temps là, je ne parle que très peu de moi et ce, lorsque je me sens suffisamment à l'aise. Tout le contraire de Iris qui raconte quasiment tout sur elle, et n'hésite pas à saisir l'occasion de me présenter sa famille, juste parce qu'elle le veut. C'est surprenant comment elle arrive à tout prendre aussi simplement et à oser se confier comme elle le fait. J’en suis perplexe. Après une petite discussion, nous allons finalement en cours chacune dans sa salle. Dans la mienne, j'ai rencontré plein de camarades plutôt aimables. Il y a John, Milla et Rhea dont je me souviens le plus, les premiers à m'adresser la parole et à me mettre à l'aise. En fait ils sont un groupe d'amis. Il n'y avait pas beaucoup d'étudiants dans notre salle, et pour un premier jour, ça s'est plutôt bien passé. Bonne entente, de la communication, des blagues. Tout le monde était sympa. Il est seize heure passé sur mon téléphone quand les cours pour cette journée se terminent. Bizarrement, après six heures de cours d'affilée, je ne suis pas si fatiguée que ça, donc j'ai assez d'énergie pour la soirée. Iris me rejoint quelques minutes plus tard à l’entrée de l’établissement et ensemble nous allons chez elle. On ne mets pas long sur le chemin et nous arrivons assez rapidement. Lorsque nous y sommes, les jolies maisons autour de moi attirent mon regard. Ici c'est la partie «moins bruyante» du quartier. En fait on est quelques centaines de mètres plus loin de l'université. Nous marchons alors toutes les deux jusqu'à une maison en particulier : c'est la Dalton family house comme me l'a stipulé Iris pendant le trajet. Je l'ai dit et je le redis, elle me raconte toujours des histoires la concernant. Devant la porte, elle sort un trousseau de clé de son sac et l'ouvre avant d'hurler quand elle franchis le seuil. — Maman ! Papa ! Votre unique fille est rentrée ! Térence, où tu te caches ? Elle pose ses clés sur la commode à côté de l'entrée avant de regarder devant elle. J'avance les yeux baladeurs et je suis émerveillée par cette maison. Un peu plus par ce qui attire mon attention à ma droite : un mur couvert de cadres de clichés. Des photos de toute la famille à première vu. Je trouve ça beau. Une seconde plus tard je me retrouve en face de celui que je devine être son frère. — Ah tu es là ! S’exclame Iris en allant vers lui. Sans mots dire il se laisse faire, prenant sa sœur dans ses bras. Pendant qu’elle l’enlace, lui a ses yeux rivés sur moi. Il me fixe avec un air très sérieux, un regard intense et difficile à oublier, froid et méfiant au point où j'en viens à me demander si je suis la bienvenue dans cette maison. On dirait qu'il ne m'aime déjà pas. Il semble être ailleurs parce que ça fait deux fois déjà qu'Iris l'appelle et qu'il reste muet et statique. Au troisième appel, il détourne son regard de moi deux secondes à peine, avant de me refixer. Ensuite, une phrase sort enfin de sa bouche et la froideur que j'ai aperçu dans ses yeux disparaît. Sans changer son expression, il laisse place à quelque chose pas loin de ressembler à de la malice. — Je t'entends Iris. Dit-il simplement et elle se détache de lui. Parles. Ensuite... Présente nous, tu veux bien ?
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