Léo
Oh bon sang je me suis démonté à peine elle a ouvert la porte. Qu'est ce qu'elle va penser de moi maintenant ? Elle a sûrement dû se dire que je suis un crétin qui ne sait pas se tenir devant une femme. En plus c'est la deuxième fois qu'un incident de ce genre arrive quand je suis près d'elle. Quel idiot.
La voir comme ça, dans cette tenue... C'est la première fois qu'une femme me mets dans un tel état. À l'intérieur de moi j'étais complètement déstabilisé. J'étais à deux doigts de m'effondrer, j'ai cru mon cœur allait lâcher, c'est fou. Je n'ai même pas été fichu de former une phrase complète.
— Je ne te le fais pas dire. Mec t'as bégayé. Tu t'es laissé impressionner, tu étais figé, incapable d'aligner correctement des mots. Heureusement que vers la fin tu t'en es quand même tiré, et de justesse. Mec c'était quoi ça ? Attends, ne me dis pas que...
— Ah ça va, calmes toi tu veux ? Et puis tu n'as pas à me juger, c'était prévisible.
— Prévisible ? A toi ? Mais tu te fiches de moi ?
— Qu'est ce que tu me veux maintenant ?
— Que tu m'écoutes te dire la vérité.
— Et quelle est t-elle, puisque tu sembles tout savoir monsieur je-sais-tout ?
— Oui c’est bien moi et je vais te la dire. Tu as tout simplement craqué sur elle mais ça ne se passe pas comme prévu. Là c'est différent de toutes les autres fois, et bien plus drôle. T'en viens même à perdre tes moyens, quel miracle. Léo le séduisant protecteur toujours à l'aise avec les femmes, celui qui possède un charme naturel à en faire chavirer des cœurs, se retrouve aujourd'hui chamboulé à en perdre son vocabulaire et ses idées claires. C'est hilarant de te voir comme ça.
— Ça te fait rire hein. Quelle solidarité, c'est sympa... Tu sais quoi ? Ferme la ça vaut mieux.
— Comme tu voudras. Je m'en vais, mais je reviendrai. N'oublie pas que tu ne peux pas te débarrasser de moi mon pote. Allez ciao.
Ouais c'est ça ciao.
Il est hors de question que j'admette devant cette fichue voix dans ma tête qui se croit tout permis, qu’elle a peut-être raison. Celà dit c'est vrai que j'ai été un peu déboussolé, c'est un fait. C'est un fait oui, mais il faut que je me ressaisisse. Cette attitude ne me ressemble pas et je passe pour celui que je ne suis pas. Le mieux serait d'oublier cette histoire, ou du moins de la mettre de côté, d'ailleurs j'ai du boulot. Si ça se trouve c'est juste une attirance passagère qui se dissipera dans les jours à venir, même si j’en doute puisque ça ne m’est encore jamais arrivé.
Je suis à mon poste derrière le comptoir à l'accueil comme tous les jours, je travaille. En fait il n'y a pas grand chose à raconter, ma tâche n'est pas extraordinaire. J'enregistre des clients, je note des réservations, je réponds au fixe quand il sonne, en gros un travail de réceptionniste.
Là il y a un potentiel client qui entre dans l'hôtel. Il se dirige vers moi et vu que je suis seul aujourd'hui, car Denise a pris sa matinée, je m'occuperai de tous ceux qui nécessiteront mes services en attendant qu'elle revienne ou qu'une autre employée prenne sa place.
Pendant que je me charge d'enregistrer le monsieur, un autre client est déjà devant moi. Ça n'arrête pas, cet hôtel est toujours bondé et je suppose que c'est une bonne chose. Il est très réputé et apprécié, sans compter le charme de tout l'édifice.
Lorsque je termine avec le monsieur, je m'occupe de l'autre tout de suite après. Je l'enregistre comme j'en ai l'habitude et voilà que mes pensées se tournent à nouveau vers la demoiselle au charme apparent, Aurora d'après ses informations dans la base de données, oui j'ai cherché et alors quoi ? Je voulais juste connaître son prénom, rien de plus. Je ne voulais pas paraître intrusif en le lui demandant directement. Je voudrais faire sa connaissance, discuter et, en parlant d’elle, là voilà justement. Je la vois passer devant la réception, elle sort. Je me demande bien où elle va.
— Mais vas-y accompagnes là, et demande lui en mariage tant que t'y es.
Tu n'auras pas mis long avant de revenir m'emmerder toi. Saleté de voix.
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Aurora
Je suis ravie de faire cette petite balade. Ça me changera l'esprit, et puis j'en profiterai pour me familiariser avec le quartier.
Plus j'avance et plus les environs sont tout à fait magnifiques malgré le bruit de la circulation. C'est marrant mais, ça ne me dérange pas tant que ça en fait, ça sera mon quotidien donc autant m'y habituer. Après une soixantaine de pas, j'aperçois un café. Je m'y arrête alors et m'installe avant de commander une tasse de café que je reçois un moment plus tard. Je ne sais pas ce qu'ils y ont mis mais c'est délicieux, j'hésite même à en recommander un autre. Finalement je ne le fais pas. À la place je règle la note, puis je m'en vais continuer ma balade.
Le vent qui me chatouille le visage, la bonne odeur du café, les passants en discussion téléphonique pour la plupart et pour d'autres discutant entre eux, tout est en mouvement calculé, pas une seule minute de pause. Je devrais sûrement m'habituer à cette hyperactivité. Dorénavant, c'est ma vie même sans personne avec moi, et sans mes amis surtout. Mes amis.
En parlant d'amis, je n'ai même pas fait signe à Valentin et Hector, pas de messages ni d'appels. Ce qu'ils me manquent ces deux là. Quand je rentre je les appelle c’est décidé. J'espère que je leur manque aussi parce que sinon ils ne perdent rien pour attendre.
Je continue d'avancer, sans savoir réellement où je vais, je n'ai pas de destination. Je me laisse guider par mon instinct et je fais bien, puisque je tombe sur une boutique de guitares, d'après ce que je peux voir.
Je ne sais pas en jouer mais j'aurais voulu. J'aurais pu apprendre, hélas je n'en ai pas eu le temps, car déjà assez prise par d'autres activités. Il n'est jamais trop tard comme on dit, je pourrais tenter le coup, pourquoi pas, ça serait intéressant et je pourrais enfin y mettre un peu du mien à la maison. En fait tout le monde chez nous joue d'un instrument. Ma mère du violon, mon père du piano, Thalia et Liana de la flûte à bec, alors lorsque je saurai en jouer, je me mêlerai à la symphonie musicale de la famille. On fera un show tous ensemble quand on sera réuni.
Devant la boutique je peux entrevoir à travers la vitrine plusieurs guitares toutes différentes les unes des autres. Je ne me fais pas prier alors je pousse la porte pour entrer et le bruit d'une clochette retenti. Le magasin est plutôt spacieux. Je fais quelques pas admirant les instruments et il y en a de tous les côtés, certains étant exposés sur tout le mur.
Je détourne le regard et me rapproche de la personne que je vois derrière le comptoir. J'ai une petite question juste pour être fixée sur un détail.