J'ai longtemps cru qu'aimer, c'était guérir,
tendre les bras à toutes les blessures,
porter le poids que d'autres laissaient fuir,
et faire de leur nuit ma propre usure.
Je cherchais dans leurs yeux une raison d'être,
comme si mon cœur n'existait qu'en soignant,
comme si je devais, pour me reconnaître,
sauver quelqu'un, encore, et puis encore autant.
Mais l'amour n'est pas un pansement qu'on pose
sur des plaies que l'autre refuse de montrer.
Ce n'est pas non plus l'ombre qui s'impose
là où on ne lui demandait qu'à écouter.
J'ai compris, avec douceur, sans amertume,
que je peux aimer sans porter le monde entier,
que ma tendresse n'a pas besoin de brume
pour prouver qu'elle sait vraiment donner.
Alors j'apprends à être là, présente,
sans me dissoudre dans les peines des autres,
à garder mon cœur, ma lumière naissante,
et à aimer sans jamais me perdre en eux.
Ce n'est pas fuir, ni cesser de sentir,
c'est simplement apprendre à mieux aimer ,
me tenir moi-même avant de secourir,
pour que mon cœur ait encore de quoi donner.
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