Toutes chez Mme Ebene, assises sur un fauteuil, Hay-
Lain, Laurene et Myriam repensait à cette bien
triste soirée.
- Ça va faire un an maintenant que Joana a été
emmenée à l’étranger pour de se faire soigner par des
professionnels, dit Hay-Lain. Selon les dires de sa mère ils -
son père et elle - commencent déjà à se remettre du décès d’Audrey. D’ailleurs, elle m’a aussi dit que d’après les
médecins de cet institut, Audrey et Joana souffraient
toutes les deux des troubles du comportement causés par
l’anxiété pour Audrey et un fort traumatisme pour Joana.
- Pour moi cette folle méritait la prison pour tous les
crimes qu’elle a commis et surtout pour avoir ne serais ce
que penser à tuer sa propre mère, répliqua Myriam.
- Essaie un peu de te mettre à sa place, lui dit Laurene.
C’est à cause de la négligence et de l’absence permanente de ses parents qu’elle a perdu sa sœur et est
devenue comme ça. Mais le pire est que personne n’a pris
le temps de savoir ce qu’elle ressentait après avoir observée en direct le suicide de sa sœur qui était son unique
amie.
- Qu’à cela ne tienne elle ne serait pas aller si loin sans
l’aide de Kévin qui lui méritait vraiment la prison mais il a
juste été emmené dans un centre de détention pour mineur en attendant son procès, ajouta Rachel qui venait
de rentrer dans la pièce.
- Oublions un peu que Joana t’a kidnappé, pourquoi si
tu avais des soupçons tu y es allé toute seule après avoir
éteint ton portable ? demanda Myriam.
- À vrai dire je n’en sais rien, répondit Hay-Lain. J'avais espoir de me tromper à son sujet. Une chose est sure elle changera.
- Comment tu es sûre de toi comme ça ?
- Elle m’a épargnée, elle a eu milles occasions de me
tuer mais ne l’a pas fait car au fond ce n’est pas un
monstre, ce n’est pas Némésis mais c’est Joana.
- Quoi qu’il en soit elle reste impardonnable pour moi !
dit Rachel repensant à sa fille.
En effet, après cette fameuse journée, personne ne lui
pardonna. Jessica et sa fille furent les seules qui essayèrent et qui n’y arriveront que bien des années après.
Sept ans plus tard…
Joana passait sa cinquième année en Angleterre loin de tout ce qui lui rappelait sans cesse son terrible passé.
Cette dernière avait fait deux ans de thérapies au Canada dans l’un des meilleurs instituts qui soignait tous les
problèmes liés aux troubles du comportement et de la
personnalité. Elle donna une seconde chance à sa mère
qui faisait tout son possible pour se faire pardonner et
s’occupa personnellement du bon rétablissement de son
père qui refusa de rester dans la clinique de rééducation
où il recevait les soins adaptés. Maintenant, il parlait déjà
et commençait à bien marcher. Joana demandait par-
don à Dieu à chaque fois qu’elle allait se coucher, priant
aussi pour que du côté du Cameroun elle se fasse par-
donnée, sans pouvoir le faire elle-même.
À Douala, tout allait pour le mieux. Georges était devenu médecin généraliste et contrairement aux
autres, il pensait énormément à ce que pouvait bien devenir
Joana et à ce qui se serait passé si elle n'était pas Némésis. Julien quant à lui épousa enfin Steffi qui lui donna deux
jumelles. William lui travaillait avec sa mère de même que
Myriam avec qui il sympathisa finalement. Laurene devint maman à
l’âge de vingt-quatre ans et se maria avec le père de son
enfant qui n'était autre qu'Evans. Hay-Lain, la plus jeune, avait étudiée le droit
et quitta le pays avec son oncle Masse Jean, le frère ainé
de sa mère qui lui trouva par la suite du travail à Londres
près d’un ami, celle-ci sachant déjà très bien s’exprimer
en anglais.
Après des mois de recherche, Ivanna trouva enfin un
travail de secrétaire à sa fille dans la capitale du pays où
elle se trouvait. Elle devait être la secrétaire d’une novice
dans le cabinet d’avocat où elle trouva ce travail. Celle-
ci accompagna sa fille et lui laissa à l’entrée de la porte
qui menait à l’intérieur du cabinet.
- Bonjour madame, fit-elle d’un ton très timide à une
des femmes de ménages qu’elle trouva, je suis là pour le
poste de secrétaire.
- Bonjour ! c’est tout en haut, dans le dernier bureau à
votre gauche au tout dernier niveau.
- Merci beaucoup ! que Dieu vous bénisse chère madame.
Joana se précipita vers son nouveau travail qui pour
elle était un nouveau départ, une nouvelle vie, un pas de plus vers le bonheur
et la joie de vivre mais en sera- t’-il de même pour sa future patronne ?
- Bonjour madame, dit-elle à une jeune femme qu’elle
ne voyait que de dos, après être entrer sans autorisation
l’ayant trouvé ouvert.
- Bonjour ! fit cette dernière après s’être retournée.
Joana avait du mal à reconnaitre ce visage qui par
contre su immédiatement qui elle était.
- Joana c’est toi ? Demanda- t’-elle.
- Oui c’est bien moi, répondit celle-ci. Est-ce qu’on se
connait ?
- C’est moi, Hay-Lain.
- Hay-Lain !