La famille Ebene fut terriblement touchée par la
perte de leur fille cadette. Cette famille était com-
posée uniquement de filles. Elles étaient quatre et
maintenant seront à trois. Ingrid était la deuxième fille de
ses parents donc avait une sœur ainée âgée de vingt et
un an et deux petites sœurs toutes les deux des jumelles et
benjamines de la famille âgée chacune de treize ans.
Leur père était décédé il y a deux ans de cela dans un
crash d’avion lors d'un voyage d'affaires. Une perte pareille était un vrai coup dur pour la
famille Ebene qui depuis deux ans s’était retrouvée sans
père de famille.
La police arriva sur les lieux environ une heure après la
découverte du cadavre. Le rapport d’autopsie (inspection de toutes les parties d'un cadavre, examen de l'état dans lequel ces dernières se trouvent)
indiquait qu’Ingrid mourut empoisonnée et d’après les analyses du médecin légiste, elle aurait ingurgité un poison aux envi-
rons de huit heures et demi du soir, l’heure à laquelle Ingrid prenait ses médicaments. De ce fait, ces médica-
ments furent amenés au laboratoire et l’on découvrit que
ceux-ci avaient été remplacés par des comprimés semblables à ceux d’Ingrid contenant du poison.
Toutefois, selon les dires de Mirabelle, Ingrid avait pris
ses médicaments avec elle lors de sa balade avec Hay-
Lain car elle devait les prendre en journée et vue qu’hors
mit son garde du corps, Hay-Lain fut la seule personne qui
passa la journée avec Ingrid, elle devint la principale suspecte du meurtre d’Ingrid.
Bien évidemment, Hay-Lain fut convoquée au poste de police pour une série de questions auxquelles elle devait répondre. A son retour chez elle, Hay-Lain reçue la visite de Joana.
- Je viens d’apprendre pour Manu, dit-elle au bord des larmes.
- Elle est partie, la sœur que je n’ai jamais eu est partie comme ça ! répliqua Hay-Lain les larmes lui ruisselant sur les joues. Je n’arrive même pas à comprendre comment
la police peut me suspecter pour son meurtre!
- Ça me rend vraiment triste qu’elle soit partie comme
ça, ajouta Joana. Tout ça à cause de cette espèce de
mythomane (personne atteinte dune tendance pathologique à la fabulation et à l'altération de la vérité) qu’est Némésis.
Hay-Lain repensa instantanément à ce qu’Ingrid lui
avait demandé la veille de son décès.
- Je ne sais pas si j’en aurais la force…
- De quelle force parles-tu Lena ? demanda Joana à
son amie qui paraissait bien absente.
- Ne t’en fais pas ce n’est rien j’ai juste besoin de rester un peu seule.
- D’accord je vais te laisser mais n’hésite pas à m’appeler si tu te sens trop seule, maintenant que Manou n’est
plus là on doit maintenant être plus solidaires.
Après le départ de Joana, Hay-Lain s’enferma directement dans sa
chambre afin de mieux méditer sur sa situation. Ses parents la rassuraient autant que possible mais elle n’arrê-
tait pas de s’inquiéter car elle sentait toujours une menace planer autour d’elle. Après le décès d’Audrey, de
Clara, de Danielle et d’Ingrid, Hay-Lain se demandait si ce
n’était vraiment pas elle la prochaine sur la liste de ce
mystérieux assassin.
« Mais qu’est c’que ça change ! » se disait-elle, lorsqu’elle se souvenait du fait qu’elle était accusée pour
un meurtre qu’elle n’avait pas commit et n’avait personne à qui parler de ses inquiétudes et de ses peurs. Elle
devenait de jour en jour plus pessimiste et lorsqu’on s’avisait de lui en faire la remarque, elle contestait en disant
qu’elle était plutôt réaliste. Elle séchait parfois les cours en
sortant comme excuse que de toute façon elle ira en prison et qu’elle y sera retrouvée morte et tué par le meurtrier d’Ingrid. Elle ajoutait aussi qu’au lycée tout le monde
la montrait du doigt. Ainsi elle devenait absentéiste et
n’obtenait plus de bonnes notes ce qui causa son catastrophique échec au deuxième trimestre.
Sa mère était très laxiste à ce sujet mais son père lui ne
blaguait pas. Il la priva d’argent de beignets jusqu’à la prochaine rentrée scolaire, de sortie et lui reprit son téléphone portable. Elle reçue une bonne fessé de sa part et fut obligé
de faire des cours de rattrapage ainsi que des cours du
soir. Il s’assurait personnellement de l’amener à l’école et
de la chercher à la fin des cours selon l’emploi de temps
de ses cours. Même au lycée, M. Baleba trouva un moyen
de la faire surveiller par un de ses collègue qui travaillait
dans ce lycée pour éviter qu’elle ne désobéisse et qu’elle
ne fasse comme bon lui semblait. Il vérifiait chaque jour si
elle prenait normalement ses cours. Aussi, William décida
d’aider personnellement sa fille à faire tous ses devoirs
tout en lui rappelant qu’elle avait intérêt à lui rapporter au
moins un quatorze de moyenne.
Enfin le troisième trimestre passa et Hay-Lain obtint un
seize de moyenne ce qui lui permit d’avoir une moyenne
annuelle supérieure à douze. Elle fut donc admise en
classe supérieure mais cela ne rendait heureuse que sa
famille. Elle se sentait seule et voulait avoir quelqu’un à
qui parler même si à chaque fois qu’elle voulait se confier,
elle prenait peur. De ce fait, elle alla voir Joana pour s’excuser de l’avoir oublié durant ces derniers mois et sans autre
forme de procès elle fut immédiatement pardonnée.
Mme Baleba, de son côté, qui cherchait depuis longtemps une solution au problème de sa fille trouva enfin ce
qui aiderait cette dernière : revoir ses grands frères qui savaient la comprendre plus que tout le monde.