Jack avait passé une grande partie de sa vie à croire qu'il était maître de ses choix.
Il pensait que l'on pouvait toujours revenir en arrière.
Corriger une erreur.
Réparer une phrase.
Rattraper un moment perdu.
Mais certaines portes ne restent pas ouvertes éternellement.
Certaines personnes attendent longtemps.
Puis, un jour, elles cessent d'attendre.
Un samedi matin, Jack retourna dans un ancien quartier de la ville.
Il n'y était pas revenu depuis des années.
Les rues avaient changé.
Certains magasins avaient disparu.
D'autres avaient pris leur place.
Mais un endroit était resté presque identique.
Un petit café au coin d'une rue.
Celui où les employés de Novatek se retrouvaient parfois après le travail.
Il entra.
L'odeur du café fraîchement moulu lui rappela immédiatement une époque révolue.
Une époque où Élise était encore là.
Une époque où il avait encore la possibilité de faire les choses différemment.
Il s'assit à une table près de la fenêtre.
La même où il l'avait vue un jour écrire dans son carnet bleu.
La serveuse posa un café devant lui.
— Vous attendez quelqu'un ?
La question lui rappela étrangement celle posée des années plus tôt.
Il regarda la tasse.
Puis répondit :
— Non.
Mais au fond de lui, il savait que c'était faux.
Il avait attendu quelqu'un pendant des années.
Le soir même, il retrouva Karim.
Ils marchèrent longtemps dans les rues éclairées de la ville.
— Tu devrais lui parler.
Jack s'arrêta.
— Et lui dire quoi ?
Karim réfléchit.
— La vérité.
Jack eut un sourire triste.
— La vérité arrive souvent trop tard.
— Peut-être.
Karim posa une main sur son épaule.
— Mais parfois, une vérité tardive vaut mieux qu'un silence éternel.
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
Partagez votre avis, vos émotions ou vos théories avec l'auteur(e) et la communauté.
Soyez le premier à commenter ce chapitre !